Imaginarium Index du Forum

Le Wendigo, la sagesse porte mal son nom (Sonja, Suite)

 
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Imaginarium Index du Forum -> Archives de nos anciens RPG -> Metropolis Everest
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Gemini


Hors ligne





MessagePosté le: Mar 22 Jan 2013 - 04:37    Sujet du message: Le Wendigo, la sagesse porte mal son nom (Sonja, Suite) Répondre en citant

Jour 6
Nuit


La soirée avait plutôt été déplaisante dans ses débuts, Vendel Genovese avait enduré une compagnie qu’il aurait volontiers évité: la Bonhoeffer. Dans le genre : «vieille fille aigrie devenu folle en passant veuve », elle gagnait des records selon les standards du jeune mafieux.

Le reste de la nuit, il avait entré dans une longue et laborieuse réunion avec plusieurs hommes de main afin de préparer les prochains jours qu’il estimait dangereux. Pratiquement aucune goûte d’alcool dans le corps depuis des heures, il ressentait maintenant les revers douloureux de son état maladif. Il était grandement le temps d’engourdir tout ça avec un whisky. Il sortie de son bureau suite à ses hommes, plusieurs repartirent chez eux, la tête grosse de toutes ces informations et d’autres allèrent prendre plaisir avec les filles. Pour sa part, il alla au bar se commander un verre. Voilà des années que Sonja lui faisait personnellement son verre et ce soir, contrairement à ce qu’indiquait son horaire, elle n’était pas là.

Intérieurement, l’Italien d’origine grinça des dents. Était-elle à l’hôpital en train de tenir la main du connard qui la bat depuis des années? Celui qu’il a envoyé au plancher tout juste hier? Une nouvelle employée approcha avec son sourire le plus suave pour servir le patron, mais à peine avait-elle fait un ou deux pas dans ses talons aiguilles démesuré qu’il avait tourné le dos au comptoir de manière sec et s’en était retourné dans son bureau. Il appréciait et respectait Sonja, il n’allait pas se faire servir son whisky par n’importe qu’elle fille du bar. Sa position dans le crime organisé et la société ne lui permettait pas la confiance de manière aisée, les filles pouvaient passer des années sans avoir sa sympathie plus humaine ou plus protectrice. Certes, le protocole de base s’appliquait pour toutes : On ne touche pas ses filles. Mais, seulement certaines filles avaient le droit de l’approcher de plus près, le panser, lui faire ses points de suture, lui servir un verre, etc. Si Sonja n’était pas là pour lui servir son verre habituel, il allait se servir son verre lui-même dans son bureau, tant pis. Calé dans son fauteuil de cuir, il vérifia ses papiers du jour, avait-elle démissionné de son établissement? Il ne trouva rien hormis une note comme quoi elle avait pris congé maladie ce matin, elle était passée prendre des affaires et ensuite rien d’autre n’était mentionné. Soupirant, il se trouva quand même un peu ridicule de prendre la présence d’une personne autant à cœur, surtout une employée. Cet attachement, il ne devait pas en démontrer une seule goûte. Qu’était-il arrivé à la dernière fille qu’il avait donné trop d’affection? Une balade vers le bas, les pieds dans le béton, gracieuseté de son père.

Ça y est, il pensait à elle.

Sa propre paume se plaqua dans son front, il voulait enlever l’image de ces yeux noisette de son cerveau. Le souvenir faisait mal malgré les années qui avaient coulé dessus et son jonc en or blanc dans sa mallette à pinceau lui rappelait sans cesse le souvenir de celle-ci. D’ailleurs, pourquoi n’avait-il pas trouvé le courage de jeter cet anneau en bas de Metropolis?!

Quelle journée de merde! Bonhoeffer, puis le souvenir d’Heidi, la fille qu’il avait aimé dans son adolescence et que son père lui avait livré son doigt dans une boîte. Doigt qui portait l’alliance qu’il lui avait offerte.


-Ça suffit, grogna-t-il pour lui-même en ouvrant un peu sec la bouteille de whisky.

Il ne prit pas de verre, pas besoin, il bu sans classe. La journée était mauvaise, tant pis pour l’excès et allons au bout.

-Elipse-

Vendel était ivre, ivre comme il l’était rarement. Seul problème, son corps et ses parasites étaient excellent pour se débarrasser des doses trop élevé d’alcool, il ne réussissait jamais à atteindre une ivresse proche de l’oublie ou d’être inapte : Il ne vomissait jamais, il était toujours capable de se déplacer, même de tuer ou de se défendre. Mais il était ivre, ça oui, et son esprit engourdie s’était enfin tut. Sa maîtresse officielle, la bouteille de whisky, avait été délaissée sur son bureau de travail alors que le bar était peut-être fermé depuis une heure, il était dans les environs de 4 heures du matin. Son manoir était silencieux, doux silence, et c’est sans trop de mal qu’il alla prendre une douche et une bonne cruche d’eau avant de dormir, histoire de ne pas être complètement mal dans sa peau le lendemain.

Mais alors qu’il se douchait, il entendit du bruit dans sa demeure. L’ivresse n’empêcha pas son être d’ouvrir les yeux soudainement et les muscles de se tendre. Cette effervescence, il la connaissait bien, c’étais la sensation avant de tuer. Une personne était chez lui et elle n’était pas invitée. Cette personne était peut-être un assassin? Laissant couler la douche, il sortit tout doucement et enfila son pantalon lentement. L’instinct du prédateur guidait chacun de ses mouvements, l’alcool le rapprochait de ses dispositions primaires. Sournoisement, il prit un petit miroir qui siégeait sur son comptoir et l’emmitoufla dans une serviette pour le briser en étouffant le son. Les éclats de miroir maintenant créé, il en choisit un bien pointu et long qu’il teint fermement dans sa main enroulé dans une serviette : il avait son arme pour tuer. L’adrénaline lui courrait dans les veines comme un feu vivant, il avait l’impression que le passage de celle-ci faisait évaporer l’alcool présente dans le sang : il entendait tout, chaque mouvement, chaque soupir, chacun de ses propres battements de cœur. Le jeune baron du crime se glissa hors de sa salle de bain alors que la douche fonctionnait toujours, tenant l’illusion qu’il y était encore. Alors qu’il arpentait ses couloirs, il entendit du mouvement venir de sa chambre. Il attendit, les pas approchaient, l’intrus allait bientôt sortir de la pièce.

Tout se passa très rapidement, Vendel attrapa l’être et le plaqua au sol, face contre terre, tenu fermement en place. D’une commande vocale il fit allumer les lumières et retourna l’intrus vers lui : Il venait de reprendre son arme et était prêt à frapper mortellement tout juste après avoir identifié son assaillant. Cependant, il fut saisi de surprise par l’identité de la personne : Sonja.

Une journée seulement s’était passée mais visiblement, elle avait pris l’argent qu’il lui avait envoyé pour obtenir un soin rapide des tuméfactions à l’hôpital. Elle n’était pas armée, elle n’avait pas peur non-plu. La surprise était passé, elle le fixait maintenant alors qu’il était assit sur elle, consterné, le poing levé comme s’il allait frapper sous peu, son arme artisanale bien en place dans le dit poing. Tout aussi rapidement qu’il l’avait attaqué, comme un fauve qui saute à la gorge de sa proie, il se dégagea de là d’un bond vers l’arrière puis quelques pas pour reculer.


-Sonja?...

L’adrénaline complètement tombé, l’alcool le rattrapa doublé de la confusion momentané.

-Que fais-tu ici..?

La confusion laissant place à la maîtrise de soi, il fini par simplement se détourner un peu et dire fermement :

-Va-t-en, retournes chez-toi.

Sonja, pour sa part, avait continué de le fixer. Son expression se rapprochait d’une part de colère et de l’autre une sorte de frustration. Tant bien que mal, elle se releva. Chacun de ses pas résonnèrent dans le manoir alors qu’elle alla tout droit vers Vendel… Pour lui coller une gifle. Coller une gifle à Vendel n’était pas exactement la meilleure idée, surtout quand il venait tout juste de passer proche de l’égorger. Pourtant, elle avait eu le cran de le faire et bien entendu, Vendel se retourna très sec vers elle comme si toute son agressivité voulait exploser à nouveau. Au lieu de lui faire quoique ce soit, il jeta de toutes ses forces son arme provisoire au fond du couloir, à l’entrée. Le morceau de miroir éclata violemment. Ce geste s’était accompagné d’un bruit entre le grognement et le rugissement mais Sonja ne broncha pas. Elle avait connu Vendel avant beaucoup de gens, leur rapport était devenu complexe : Le petit garçon était devenu un adolescent idéaliste puis un homme et pas n’importe quel homme. Bref, les deux étaient très en colère pour des raisons différentes.

-Va-t-en?! C’est tout ce que tu trouves à me dire??? Après avoir buté mon mari et envoyé dans le coma, c’est vraiment tout ce que tu trouves à me dire?! Alors que je t’avais demandé de ne pas le faire?! VA-T-EN?!

-Et toi tu trouves ça normal de rentrer chez moi à 4 heures du matin et de me frapper!? Ton mari n’était pas un mari, c’était un connard qui te battait et qui profitait de toi!!! ARRÊTES DE PLEURER POUR UN CONNARD! Il appuya ensuite chaque mot relativement agressivement. IL NE TE MÉRITE PAS!!!

Une autre gifle vola, Sonja se mit à pleurer mais continua de rager après lui.

- TU NE COMPRENDS RIEN!

Vraiment, la journée était mauvaise et Vendel n’avait plus de patience, mais vraiment plus. Un peu sec, poussant les débris de miroir du pied, il ouvrit la porte du manoir sans douceur et lui fit signe de sortir. L’effet ne fût pas celui escompté, elle ravala ses larmes et le fixa avec défi, les yeux rougis. Lorsqu’il avança vers elle avec la ferme idée de la sortir sur ses épaules, s’il le faut, elle prit la clé des champs dans les couloirs. Plus rapide qu’elle, il l’a rattrapa au coin juste après sa propre chambre et la souleva sur son épaule. Déterminé, il se dirigea vers l’entrée à grande enjambé. La ruse de Sonja et l’alcool ne joua pas en sa faveur : celle-ci trouva appuie sur un mur à l’aide d’un pied et les poussa tous les deux à terre. De retour sur le dos, Sonja sur lui, il sentit la mauvaise humeur lui revenir mais son exaspération mélangée à son affection pour la femme le poussa dans une ultime tentative de rationaliser la situation.

-Que veux-tu bon sang?! S’écria-t-il avec beaucoup d’impatience dans la voix.

La réponse ou le geste qui lui répondit ne fût pas exactement, voir vraiment pas, celui escompté. Sonja lui plaqua un baiser fougueux, quasiment agressif, contre ses lèvres. Il résista dans les premiers instants mais Sonja ne démordit pas, se pressant contre lui, enlaçant ses jambes aux travers des siennes, s’obstinant. La journée pénible et l’alcool fit son effet, il en avait tellement marre de tout actuellement:le crime, les meurtres, la mafia, l’isolement, la maladie et on en passe. Il en vînt même à outrepasser le contexte et la relation insolite qu’il avait avec Sonja à l’instant comparé à celle depuis une dizaine d’année. Il répondit finalement à ses avances avec beaucoup de passion. Son esprit résista une fraction de seconde alors qu’il répondait aux avances. Le souvenir d’Heidi fit sentir son poids, comme s’il trahissait cet ancien amour tout comme une autre émotion bien plus obscure le tirailla. Il y avait dans son cœur, déjà, un endroit dédié à une femme particulière. Ce n’étais pas une personne qu’il aspirait séduire un jour ni avoir la chance de la détenir, mais c’était une personne à qui il voulait se vouer complètement. La réalité le ramena bientôt aux lèvres de Sonja qui, sans mot, lui donnait tous les arguments du monde de ne pas penser à tout ça. Bien que le sol du couloir pouvait s’avérer spontané, Vendel eu le bon goût d’emporter Sonja avec lui dans sa chambre. Une part de lui savait parfaitement qu’il allait regretter « l’après »bien que sa partenaire ne lui donna pas trop le temps de réfléchir.

Lorsqu’ils eurent terminé de se vouer un à l’autre, le soleil avait commencé à se lever. Sonja resta un moment dans les bras protecteur qu’elle avait convoité. L’étrangeté de la situation refit surface pour elle comme pour lui. Ils se regardèrent un moment puis jetèrent un regard vers la porte. Le mafieux eu un long soupir, ce moment d’humanité était maintenant passé, il devait retourner à la routine. Pourtant, il prit le temps d’apprécier la peau de Sonja encore un instant, juste une ultime fois. Les yeux fermés, respirant les derniers moments de douceur, sa voix se fit moins tendre que son geste.

-Il faut que tu partes, Sonja. Tu peux prendre la chambre d’invité. Je n’ai pas besoin de t’expliquer pourquoi et… Surtout… Ne reviens jamais comme ça la nuit, sinon ce sera mes gars qui te sortiront, compris?

Tant bien que mal, il lui fit dos dans le lit, se retournant. Sonja connaissait Vendel mieux que personne et elle savait bien que ces paroles n’étaient pas spécialement du mépris. C’était comme ça la vie pour lui, il devait le faire. Elle avait connu Heidi, elle avait même consolé Vendel à l’époque… Mais pas comme la nuit passé, non, plutôt comme une épaule discrète, honnête. La femme ne dit rien, elle ne voulait pas briser d’avantage le moment. Elle se permit néanmoins de se lover dans son dos une dernière fois. Puis, elle quitta le lit en silence, prit ses affaires et referma la porte derrière elle.

Vendel était de retour à sa routine.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 22 Jan 2013 - 04:37    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Imaginarium Index du Forum -> Archives de nos anciens RPG -> Metropolis Everest Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
darkages Template © larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com
© Design et Contexte général : Siana - crédits
Toutes reproductions (intégrales ou en partie) du contenu et du code sont interdites.