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Le Wendigo, Sonja

 
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Gemini


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MessagePosté le: Mar 25 Sep 2012 - 00:47    Sujet du message: Le Wendigo, Sonja Répondre en citant

Jour 5
Matin


Il était le matin, un autre matin de routine. Devant son chevalet, Vendel peignait ce que la vie lui murmurait. Beaucoup de rouge, dans tous les cas. Le rouge, le vert, des couleurs complémentaires mais aussi ultimement de réels inverses. Le bleu n’est pas le contraire du rouge, c’est une perception du chaud et du froid, du symbole mais pas la réalité du cercle chromatique. Vendel aspirait au vert alors que tout ce qui coulait de ses doigts était rouge. Il ne cherchait pas à s’en défier ni à le nier, c’était ainsi. Alors, ainsi en tenu décontracté voir « laissé aller », il peignait habillé d’un pantalon noir dans son atelier privé. La peau de son corps exprimait une jeunesse que son visage avait perdue. On pouvait lui donner facilement la mi vingtaine avancé alors qu’il venait à peine d’entamer la vingtaine. L’alcool et la maladie faisait ses ravages, il ne s’en souciait pas tant. Et les balafres… Ah, si ce n’était que son visage. Cicatrice de balle, de coup de ceinture de son père, de poignard de faux allié comme d’ennemi. Si ça avait été possible, ses ennemis l’auraient marqué jusqu’à l’os et son père aurait tatoué derrière ses paupières qu’il lui appartient. Il avait battu son fils jusqu’à ce qu’il abdique la rébellion et devienne son jouet tueur. Oui, il lui aurait tatoué ces mots à l’intérieure des paupières si ça avait été la solution facile pour que son fils soit docile. Le Parrain n’était pas un type aimant dans le sens qu’on l’entend habituellement.

On cogna éventuellement à sa porte, probablement une fille venue changer son pansement, il y avait bien une ou deux créatures de la nuit qu’il laissait pénétrer son sanctuaire. Des filles qu’il connaissait depuis longtemps, les putes de son père qu’il avait recueilli et que pour certaines, elle l’avait connu 10 ans plus tôt alors qu’il était sur le rebord du précipice, juste avant sa chute libre dans le crime. La femme entra, demi trentaine, elle était pourtant encore très jolie. Elle travaillait au bar, Vendel ne lui exigeait pas le travail habituel ni les tenus trop exposante. La pauvre jeune femme avait un mari alcoolique, fini, un raté qui vivait sur les rentes et l’argent de sa femme. Il était aussi désespérément possessif et … Bref.

Combien de fois elle avait supplié Vendel de l’épargner? Il ne comptait plus. Au festival, elle avait trouvé le costume très amusant et elle avait voulue participer en toute innocence, son identité cachée. Voilà que ce matin elle rentrait dans l’atelier la mine bien basse, le visage vers le sol avec honte. L’atelier avec des murs vitré comme un studio de danse, il arrivait que les filles fassent leur chorégraphie sous sa supervision ici, il vidait évidemment tout son matériel personnel. Hors, dans le reflet de la glace il vit approcher Sonja, la femme en question. La boîte de premier soin en main, elle arrêta juste auprès de lui. Elle reniflait encore bruyamment, même de la misère à respirer. La mine pensive de Vendel se glaça dans un masque sans expression, le regard s’armant tranquillement d’un feu dormant sur le point d’exploser. Sa main pleine de peinture quitta machinalement son pinceau et son chevalet pour retirer la main soignante de Sonja contre sa plaie, il fit demi-tour sur son tabouret rotatif et déposa lentement la main sous le menton de Sonja pour le lever vers son visage.

Le visage tuméfié de son employée se leva avec honte vers lui, horriblement battue. Le silence suivit cette constatation, le poing libre de Vendel se serrant très lentement avec beaucoup de conviction pour finalement s’ouvrir à nouveau et replacer quelques mèches, essuyé les larmes rose qui coulaient sur le visage blessé. Le mari avait dût savoir pour le festival et avait été jaloux, voir la pauvre l’avait avoué elle-même. Mais pas un mot ne suivit, non, rien.


-Ellipse-

Vendel, peigné avec soin, un complet sur le dos et suivit d’un seul homme, son chauffeur, sortait du manoir. À l’arrière de lui se débattait contre deux gorilles une Sonja affolé qui lui criait de « Ne pas le buter» et qu’elle « avait besoin de lui ». Sourd, le regard terrible, il freina sa cadence à l’entrée de son manoir un majordome lui ouvrit une boîte comportant plusieurs poignards travaillé. Il s’arrêta, comme si le choix était important et en choisit un très mal affilé, rouillé. De l’ordure pour les ordures, n’était-ce pas un de ses crédos?

-Vendel! Je t’en prie! Son père est flic, je ne veux pas d’ennuie! Criait maintenant la femme affolé, son esprit brisé, manipulé résistant contre sa propre libération, mais aussi une peur qui lui tordait les tripes. Peur qu’elle avoua enfin : Je ne veux pas qu'il t’arrive du mal! Vendel!!! Dit-elle dans un dernier sanglot désespéré alors que le contre-jour de la porte se dressait devant lui, donnant au mafieux l'allure d'une ombre sur fond blanc.

En seule guise de réponse, il lui envoya un baiser par les airs avec désinvolture de sa main droite et se détourna pour aller régler son compte à ce gros porc qui narguait son autorité:

On ne touche pas ses filles, c’est tout.
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MessagePosté le: Mar 25 Sep 2012 - 00:47    Sujet du message: Publicité

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Gemini


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MessagePosté le: Jeu 27 Sep 2012 - 04:51    Sujet du message: Le Wendigo, Sonja Répondre en citant

Jour 5
Fin Après-Midi


L’après midi touchait sa fin, Vendel était de retour dans son manoir. Il avait fait déplacer son matériel dans un salon plus élevé dédié à sa mère et avait, cette fois, interdit toute intrusion. Le soleil commençait sa chute dans le ciel, sa lumière se colorant de cette teinte doré si particulière, si pénétrante. De nouveau assit sur son tabouret dans son ambiance de « laisser aller », il essuyait négligemment le rouge de son pinceau. Son regard bleu glacier contemplait les couleurs avec un air morose, fatigué. Ses cheveux trempes laissaient parfois tomber une gouttelette ou deux, fraîchement sortie de la douche : pas le choix, il empestait le sang à sa rentrée. Les yeux fermé dans cette lumière doré, il tentait de se ressourcer, de trouver en lui le peu de bon qui existait. Tuer était naturel, mais chaque vie qu’il cueillait lui donnait l’impression de s’éloigner un peu plus d’une part de lui-même pour suivre un chemin vers une autre part de lui, part qu’il ne souhaitait pas parachever.

Déposant le pigment rouge, le repoussant de sa propre personne, il s’empara plutôt d’un pigment vert. Qu’avait-il envie de peindre? Le vert était plaisant, pourtant, il ne lui disait rien aujourd’hui. Sa main déposa le vert un peu plus loin pour s’attarder vers le jaune et un autre ton un peu plus ocre. C’est là que la vision lui vînt, il commença par présenter une scène qui s’avérait dans les tons de jaune et de sépia, celle d’un horizon en distorsion au bout duquel on pouvait apercevoir sur la surface la forme d’une ville imaginaire. L’environnement était très lumineux, voir vaporeux. Il utilisait beaucoup de diluant aussi, désirant une création vaporeuse. L’image prenait forme et les subtilités de l’environnement aussi. Dans la lumière diffuse de la peinture, on pouvait tranquillement percevoir un sens multiple. Si au premier regard on pouvait imaginer une ville fantaisiste se dresser sur l’horizon, on pouvait aussi remarquer que l’horizon en question pouvait faire songer au dos d’une femme ainsi que ses épaules, sa chevelure se mêlant au ciel pour incarner un orage à l’horizon. Le poids de la ville lui pesait, tel Atlas, elle la tenait sur ses épaules. Beaucoup de beauté, mais beaucoup de fardeau. Tanquillement, des teintes de vert très translucide et de bleu d’une pureté remarquable, fabriqué par lui-même de son petit secret, prirent place dans l’image afin de masque d’avantage le double sens de la peinture.

La grande surface de vitre derrière lui laissait passer la lumière et le soleil lui chauffait paresseusement le dos. Pendant ce bref moment, moment de silence et de sérénité, il lui semblait presque que la vie était belle. Mais c’étais comme sa peinture, une vision dont le sens change constamment : À la fois douce et amer, joyeuse et douloureuse. Il ne devait pas se laisser aller au syndrome d’Icarus, au risque de se brûler encore plus les ailes. Ne l’avait-il pas fait une fois? Combien avait-il payé pour ça? Son regard glissa dans un recoin de son matériel et sa main, pliant à l’envie retourna une part du double fond pour en découvrir l’ouverture. De cet endroit caché et inaccessible à tous, il extirpa une photographie datant déjà de quelques années. Une photo de lui-même y était, plus jeune un peu, moins balafré, le regard vivant et espiègle. Contre sa joue était pressée la joue d’une jeune femme le visage étiré par un grand sourire pétillant. Quelle joie de vivre! Quelle lumière dans son regard! Ce beau regard noisette sous ces cheveux châtain pâle lisse, mais spontané. Encore aujourd’hui, la regarder sourire le faisait sourire, mais apportait aussi une forme de mélancolie ensuite. Sa main reposa la photo pour s’emparer d’un petit anneau en or blanc, mince, frêle, elle avait de si petit doigt. Sa mite barbare, blessé par le meurtre n’osa même pas toucher l’objet trop longtemps, de peur de le sâlir.

Assez de nostalgie, suffit.

Le regard morne et blasé, il referma le bout, abandonna sa peinture et descendit à sa chambre pour aller boire un coup. C’était comme ça.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:59    Sujet du message: Le Wendigo, Sonja

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