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Un contretemps pas si infructueux !
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Krakapsu


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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2012 - 21:11    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Soudainement, la blonde sembla se souvenir que j'existais. Je sus instinctivement que j'avais fait mouche en parlant de la rousse mais je le regrettais presque, à voir la façon dont la dame me toisait. Je frissonnais malgré la chaleur ambiante. Elle était jolie malgré son grimage mais quelque chose en elle avait de quoi glacer le sang. Une psychopathe peut-être ou une junkie, encore qu'elle paraissait parfaitement lucide et que la drogue à Metropolis coûtait un bras. Elle devait carburer à autre chose, mais quoi ? Et j'avais encore raté une occasion de fermer ma grande bouche de rêveur.

- Sais pas, j'ai du la croiser une ou deux fois dans la rue. Mentis-je, bien décidé à ne pas révéler que je l'avais vu traîner avec d'autres demoiselles bien gaulées dans les bas fonds du niveau 0.

Traîner en bas était mal vu quand on vivait au niveau 4 et qu'on était un jeune professeur. De plus, je n'avais pas envie qu'on vienne fourrer le nez dans mes petites cultures privées. Même si j'étais confiant de nature, je savais d'instinct que je ne devais pas parler de ma double vie au risque de la voir voler en éclats. En bas, ils ne savaient pas qui j'étais au niveau supérieur et en haut, il ne devaient pas savoir ce que j'allais trafiquer à Acropolis. Finalement, sous mes airs innocents, j'étais aussi faux que cette blonde platine, je jouais un rôle en permanence mais c'était moins flagrant chez moi que chez elle.

Je fis mine de m'étouffer avec une cacahuète. Ca, je savais le faire à la perfection sans forcer ma nature. Je contemplais mon reflet dans la grande glace accrochée au mur derrière le barman et je me trouvais un air de mauvais garçon inquiétant. Sans doute l'ambiance des lieux et la proximité de cette femme mystérieuse qui me déteignaient dessus. Pour me donner une contenance, je commandai un autre black russian au serveur qui me jeta un coup d'oeil goguenard. Je n'étais pas très crédible en pilier de bar branché mais la solitude me pesait plus certains soirs que d'autres et si mes lectures et mes petites plantes à spores rendaient ma vie passionnante, elles ne parvenaient pas toujours à meubler le vide affectif. Allez-dont vous confier à du papier pressé et à de l'encre, ou à des amas de cellules chlorophilées. La blonde sentait le danger romanesque, un parfum de mort que j'avais humé plusieurs fois lors de mes expéditions en bas de l'escalier. Toute ma vie ne se résumait-elle qu'à des marches d'escalier que je descendrais et remonterais de diverses façons ? Est-ce que je ne pouvais prétendre à un autre auditoire pour mes conversations, que des fibres végétales encore et toujours, pâte à papier, hermonia taxifollia. Toujours et encore du végétal. J'étais un animal que diable et j'avais besoin d'une présence animale parfois à mes côtés, autre que des écoliers mangeant leurs crottes de nez en écoutant mes lectures d'un air distrait.


- Mais qu'est ce qui vous amène ici, seule ? Et que vouliez-vous à cette jeune dame à la coiffure extravagante ?

Je regrettai presque aussitôt mes paroles et ma trop grande curiosité.


Dernière édition par Krakapsu le Jeu 13 Sep 2012 - 22:41; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2012 - 21:11    Sujet du message: Publicité

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Siana
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep 2012 - 21:45    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Une cacahuète en main, je la faisais rouler entre deux doigts. Croiser la femme coq une ou deux fois dans la rue ? Quel genre de rue fréquentait-il ? Je me tournai donc vers cet inconnu. Accoudée au bar, la main soutenant ma tête, je me détournai de ma proie initiale : le club clandestin. Ce soir-là, par trois fois j'avais été distraite. D'abord par mon ennemie, puis deux fois par l'inconnu. Je jetai la cacahuète tripotée par dessus mon épaule sans me soucier de l'endroit où elle pouvait atterrir et je me penchai vers l'inconnu.

- Il n'est pas prudent de croiser cette femme car les rues qu'elle fréquente ne sont pas des plus sécurisées.


Puis, j'esquissai un bref petit sourire en coin de bouche. Il était crisant de me montrer étrange. C'était un de mes petites plaisirs : effrayer les plus curieux. Cela avait-il fonctionné ? La cacahuète avalée de travers semblait passer réellement de travers.

- Vous avez déjà failli vous faire écraser à mes pieds, ne suffoquez pas ici. A vous voir, on pourrait croire que vous n'êtes pas un habitués des... cacahuètes de bar.

Je pris une nouvelle cacahuète et la gobai tout en le fixant à travers mes lentilles de couleur. Je le regardai avec insistance. Quel genre de spécimen humain était-il ? Du genre maladroit par nature ou pas obligation ? Du genre club clandestin ou bar huppé ? Du genre boisson sucré pour petit enfant ou boisson pour grand enfant ? Cet individu essayait d'endosser un rôle. Pour le faire chaque jour, il n'était pas difficile de le voir. Ce soir, chez moi aussi. Mon costume n'était pas prévu pour ce lieu trouvé par pur hasard. Je savais qui j'étais, mais lui, qui était-il sous son costume ? Qui était-il pour avoir croisé la Rose piquante ?

Pourquoi voulait-il connaitre la raison de ma présence ici ? Pourquoi souhaitait-il savoir ce qui m'intéressait chez la femme coq ?

- Ce que je veux à cette jeune dame ? Mais qu'est-ce qui vous fait dire que je lui veux quelque chose ? Je vous trouve bien curieux et bien audacieux de poser une telle question à une inconnue, répondis-je avec lenteur.

Je trouvais cet inconnu très aventureux.
Imprudent avec moi. Mais ne fallait-il pas être un brin téméraire pour oser parler à une inconnue qui, comme moi, faisait en sorte de ne pas être trop approchée ? Peut-être était-ce nécessaire de ressortir le couteau à cran d'arrêt et de lui montrer d'où vient la rumeur de la soirée : la femme qui cherche vengeance, la femme qui voulait castrer son mari.

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MessagePosté le: Lun 17 Sep 2012 - 18:50    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

J'avais suivi la course parabolique de la cacahuète lancée par la blonde. J'étais ainsi, toujours prompt à dériver de la conversation et à me laisser aller à rêver. En l'occurrence, le fruit sec salé était allé se nicher dans le décolleté d'une punkette aux cheveux bleutés. Je lorgnais sans vergogne le point de chute fort intéressant au demeurant, sans avoir conscience que le danseur qui faisait face à la brune cobalt me prenait pour le lanceur. J'arborais sans doute à cet instant le sourire béat du nouveau né qui vient de finir sa tétée dans les vallons rubiconds de sa nourrice. Le punk, ou néo punk, lui aussi, se rua sur moi avec un air mauvais.

- Tu lui veux quoi à ma copine ?

- Heu mais rien, je ne veux rien. Je suis avec madame... Rétorquai-je, pris de court.

Mais l'autre m'empoigna par la veste en jean et me secoua comme un prunier sous les yeux rieurs de sa copine à la crête azur bien mûr. C'était rare, c'était très rare pour le doux rêveur que j'étais, mais je sentis la moutarde me monter au nez. D'abord cette chute, puis la blonde qui me toisait avec mépris et enfin le redresseur de cacahuète ? C'en était trop pour le type discret qui traversait chaque jour la zone sinistrée de Metropolis et se farcissait l'accostage des prostituées, le marchandage des trafiquants, le racket des maffieux, la bave pleine de convoitise de certains mutants. Le caractère irlandais prit le dessus du rêveur. Je me levai et toisai le punk d'un air bravache.

- Je ne veux rien à cette jeune femme qui vous accompagne mais si vous me cherchez, vous allez me trouver !

Je me tournai ensuite vers la blonde et lui lançai:

- Si j'ai des ennuis à cause des cacahuètes, vous conviendrez que je ne suis pas responsable pour le coup !

Mon éducation m'interdisait de dévoiler la coupable du lancé mais je n'entendais pas me laisser marcher sur les pieds indéfiniment.


Dernière édition par Krakapsu le Mar 18 Sep 2012 - 22:05; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 17 Sep 2012 - 20:14    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Pas faux. Et si il arrivait des ennuis à cet inconnu, j'allais perdre une piste intéressante concernant la femme coq. Je me tournai donc vers le danseur et sa copine vulgaire.

- Ma cacahuète vous dérange ? lançais-je en portant ma main à mon cran d'arrêt. J'espère que ce n'est pas elle qui tournait autour de mon mari...

Voila, c'était dis. Le danseur savait maintenant que j'étais la femme bafouée en quête de vengeance. Je tapotai doucement et attrapai le bout du couteau pour le faire sortir lentement. je m'arrêtai finalement à la moitié de mon arme et la remis. Cela ne valait pas le coup de perdre deux occasions en or : la fermeture de ce trou et une piste sur Rosamunde, cette fichue, satanée, horrible femme coq.

Je pris une cacahuète et me levai du fauteuil. Du haut de mes hauts talons, je défiai l'homme du regard. Le menton levé de façon très hautaine, mon côté "haut niveau" reprenait le dessus.


- Je vous conseille vivement de surveiller votre copine, si vous ne voulez pas qu'elle finisse dans les draps d'un homme capable de lui faire oublier l'espace d'un instant la chose que vous êtes. Avec sa tenue, il ne serait pas étonnant que cela ne se soit pas déjà fait.

Offusquée, la femme se rua sur moi. Malheureuse... je lui attrapai le bras, fis une petite clé au bras, et lui plaquai le visage sur le comptoir.

- J'espère que tu n'es pas celle que je cherche, lui lançai-je. Sinon tu serais la première maitresse que j'attrape.

Le barman arriva et calma le jeu. Les danseurs furent éloigné. On me somma d'arrêter de faire peur aux clients.

- Tant qu'il y en a, répliquai-je à voix basse et en me rasseyant.

Je me tournai vers l'inconnu et lui dis :


- Satisfait ? vous voila blanc comme neige aux yeux de la dame aux gros seins et de son caïd drogué.

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MessagePosté le: Mar 18 Sep 2012 - 23:04    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

La blonde m'impressionna par son sang froid et son ton cassant. Moi j'essayais de jouer le méchant garçon mais en moi-même, je n'en menais pas large. Le punk et sa copine avaient l'air agressifs et même si je n'étais pas du genre à fuir le grabuge, je n'aimais pas spécialement le provoquer. Là j'étais en plein dedans par la force des choses. J'écoutais, l'oeil rond, le dialogue entre celle qui avait pris ma défense, je me demandais encore pourquoi, et le couple branché qui ne se laissait pas marcher sur les pieds

La jeune femme lanceuse de cacahuètes évoqua un mari qui aurait été harponné par une créature et la possibilité que la punkette fut cette tentatrice. Et elle cognait dur avec les mots. J'aurais aimé avoir la moitié de sa faculté de persuasion devant mes élèves. Le type sembla ébranlé lorsqu'elle lui asséna que sa compagne devait le tromper. Celle-ci eut une tentative de riposte qui tourna court devant la maîtrise de la femme outragée. J'avais récupéré de ma stupeur et ma capacité à enregistrer les détails furtifs était à nouveau activée. J'avais eu le temps de voir le reflet d'un manche de couteau sorti puis escamoté. J'étais redevenu tout à fait lucide et je voyais une femme dangereuse qui savait se défendre seule mais qui s'interposait aussi entre moi et mes agresseurs. Alors qu'elle était à l'origine de mon agression, voilà que je me sentais redevable envers elle. La tension extrême retomba avec l'intervention du barman

Les deux parties étant séparés, elle se rassit. J'avais le sentiment que le barman avait habilement évité le pire. Pourtant le numéro de femme bafoué de la blonde m'avait à moitié convaincu. J'avais la conviction que c'était un prétexte, peut-être à me défendre et cela m'agaçait plus qu'autre chose. J'eus une moue contrariée et j'avançai un peu téméraire:


- J'aurai pu me défendre seul, mais merci quand même ! Sean O' Grady, pour vous servir. Dis-je en tendant ma main . Vous savez, je ne pense pas que la fille là, puisse rivaliser avec vous aux yeux de votre époux. Continuai-je, maladroit.
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MessagePosté le: Mer 19 Sep 2012 - 08:50    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Je détestais ces gens si perdus, si faibles, si inutiles à la société, si pathétiques. Je vivais avec eux par obligation. Si Karl avait été encore là, jamais je n'aurai mis les pieds dans les niveaux inférieurs au sixième. Je serai une épouse des hauts niveaux, qui dépenserait l'argent de son mari dans des toilettes et des activités passionnantes. Je trouvais tout ça passionnant, distrayant, important. Jusqu'à la disparition de Karl.

Karl. Je me surprends encore à penser à lui. Cela faisait longtemps pourtant qu'il était partit, que mon deuil était fini et mes activités commencées. Longtemps que je ne l'avais pas eu en tête.
La dernière fois, c'était dans la chambre d'un petit appartement mis gracieusement à ma disposition par l'Organisation, le temps de me remettre de plusieurs plaies par balle, obtenues suite à une course poursuite avec des membres d'un gang japonais. De bien vilaines plaies qui m'avaient laissé une belle cicatrice entre dans les omoplates, une à l'aine et une au flan gauche, juste en dessous des côtes. Celle dans le dos aurait pu être pire. La balle n'avait pas touché la colonne, juste un poumon.
Karl. Quand je m'étais réveillée dans cet appartement et non à l'hôpital, je m'étais dis "
ho Lisbeth ! tu étais à deux doigts de rejoindre Karl". Je me disais aussi que je devais être dans le complexe gouvernemental, à leur service de base pour clone. Une base parfaite. J'étais certaine de faire une base parfaite pour une série de clone. Des clones capables de galvaniser les foules et les remettre sur le droit chemin.
Rejoindre Karl. Idée sombre vite balayée par les allées et venues de membres de l'Organisation. Je leur était précieuse, selon leurs dires. Mais pas pour être une base clonique. Ma détermination à remettre Karl sur le droit chemin leur était précieuse. Avec de l'entrainement militaire, psychologique et stratégique, d'après leurs dires, j'allais être la personne idéale pour eux. Aujourd’hui, mon utilité était toujours d'actualité et j'étais toujours la personne idéale, malgré l'échec avec les japonais. Échec résultant d'une erreur d'un clone mis à ma disposition, qui était sensé m'appuyer pour entrer dans un bâtiment.

Bref, j'étais toujours là, au bar, à me faire passer pour une femme bafouée, à penser à Karl, face à cet inconnu. Un inconnu qui continuait à chercher à instaurer une conversation. Il me dévoila son nom, encore fallait-il qu'il soit vrai, et me tendit une main. Je considérai cette main, levai mes yeux vers les siens, regardai de nouveau sa main. Bonne ou mauvaise idée ? Qu'importe. Il était peut-être une chance d'approcher Rosamunde et d'en finir une bonne fois pour toute avec elle. Alors je serrai sa main.


- Lisbon. Juste... Lisbon,
dis-je en essayant de ne pas paraitre brutale.

J'étais encore un peu énervée par la poule en cuir. Je détachai finalement mon attention du bar pour la reporter en sa totalité sur... Sean O'Grady ? Irlandais ? La communauté irlandaise m'était presque étrangère. Ce n'était pas mes plates-bandes. J'allais de découverte en découverte ! D'abord le bar, puis Rosamunde, ensuite cet irlandais disant croiser la femme coq et qui, peut-être allait me permettre de mettre un pied dans une communauté que je n'avais encore jamais approché. Le mettre en confiance était une chose primordiale pour bien commencer. Alors je devais user d'autre arme que celle se trouvant dans ma poche.

Je m'approchai doucement de lui et lui fis signe de faire autant.


- Je vais vous dire un secret... je ne suis pas mariée. J'ai dit cela pour faire fuir un gros lourdingue venu me draguer alors que j'étais à peine arrivée. Et grâce à cela, les autres crétins en manque restent loin de moi.

Je repris ma place loin de lui et me tournai face au comptoir. Accoudée au bar, le menton dans la paume de mes mains, la tête tournée vers Sean O'Grady, je le dévisageai.


- Alors comme ça, vous dites avoir déjà croisé ma vieille amie aux cheveux rouges ?

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Laure Dubois
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Dernière édition par Siana le Mar 25 Sep 2012 - 17:19; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 24 Sep 2012 - 20:29    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

- Lisbonne ? Comme la ville ? Original comme prénom. Enchanté Madame Lis euh mademoiselle Lisbon! Rectifia-je en apprenant qu'elle n'était absolument pas mariée.

Je réfléchis à la révélation qu'elle venait de me faire. Comme pas mal de filles, elle n'aimait pas être draguée de façon trop insistante si elle n'en avait pas envie. Elle pouvait être tranquille avec moi. Avant que je me décide à envisager une approche avec une créature du beau sexe, il me fallait faire un long cheminement durant lequel je pesais, évaluait chaque signe pouvant être interprété comme un encouragement, me disant plus d'une fois que j'avais du rêver éveillé et renonçant maintes fois à tenter ma chance. Jamais à la première rencontre en tout cas. Et pas, non plus, au second rendez-vous, s'il y en avait un. En fait, le temps que je me décide à passer à l'offensive, bien souvent, la demoiselle s'était lassée et ne répondait plus à mes invitations.

- Je comprends, je comprends... C'est jamais agréable de se faire harceler. Surtout quand on ne fait rien pour ou qu'on n'a rien qui nous le fait mériter... Répondis-je sans avoir conscience de la muflerie de ma phrase.

Pourquoi me dévisageait-elle avec autant d'insistance ? Je me sentais mal à l'aise car je ne comprenais pas ce qu'elle me voulait. J'aurais du rentrer chez moi en écoutant la prudence qui me soufflait qu'elle était dangereuse. Pourtant je restais, comme fasciné par ce qui émanait de cette femme.


- Tout de même, je pense que vous avez d'autres arguments pour vous débarrasser des importuns... Dis-je en fixant sa manche qui cachait le couteau avec insistance.

Et voilà qu'elle reparlait de la rousse. Elle devait décidément lui avoir tapé dans l'oeil et je me dis que je n'avais aucune chance de l'intéresser sauf apparemment en lui parlant de cette femme que je croisais souvent au dernier niveau sans connaître vraiment son identité. Ce que j'en savais, je l'avais deviné. Elle devait trafiquer des choses pas nettes et certainement pas légales mais tant qu'elle ne se mettait pas en travers de ma route, je n'avais aucune raison de lui attirer des ennuis. Elle faisait partie de la faune humaine et presque rassurante finalement du fond de Metropolis. Enfin toute proportion gardée, car je n'étais pas assez fou pour ne pas sentir qu'elle aussi était dangereuse et qu'il valait mieux ne pas s'en faire remarquer. Mais comparée aux monstres qui se terraient dans l'ombre là-bas dessous, elle était charmante, tout comme Lisonn. Cependant, malgré l'envie que j'avais de continuer la conversation, je me dandinais sur mon tabouret haut, embarrassé de ses questions. Je ne voulais rien dévoiler de mes activités nocturnes.


- Je l'ai croisée une ou deux fois mais j'en ai moins à vous apprendre à son sujet que vous n'en avez à me dire puisqu'elle est votre amie ... D'ailleurs, comment l'avez-vous connue ? Demandai-je inversant soudain le rapport de force. Enfin je suppose que cela ne concerne guère un modeste professeur .

Jouer les innocents et naïfs était souvent ma meilleur défense avec ma maladresse naturelle.

- Et vous Mademoiselle Lisbonn, que faites-vous dans la vie ?
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MessagePosté le: Mar 25 Sep 2012 - 19:25    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

- Oui, si vous voulez... comme la ville de l'ancien temps, dis-je sur un ton monocorde.

Se faire harceler quand on ne fait rien pour ou qu'on n'a rien qui nous le fait mériter ? Dans quelle catégorie me rangeait-il ? Je fronçais instinctivement les sourcils tout en évitant soigneusement de l'attraper par le col de son haut et de le secouer pour obtenir des explications et excuses.
D'autres arguments ? Ce pauvre homme s'enfonçait. D'ailleurs, de quels arguments parlait-il ? Une femme n'était-elle pas sensée être faible ? Ne devait-elle pas user de la ruse pour se défendre ? Certes, j'avais en plus de la ruse, une certaine maitrise de l'auto-défense et du maniement des armes. Mais il fallait avouer que je n'étais pas n'importe quelle femme. J'étais une personne particulièrement bien entrainée, au job dangereux, prenant, crisant !

Je préférai donc laisser passer ses maladresses. J'avais autre chose en tête. Ne pas me détourner de mon but...

Je l'écoutai m'expliquer où et comment il croisait Rosamunde. Je n'étais pas convaincue.
Première erreur de sa part : Rosamunde ne se laisserait pas "croiser" une ou deux fois sans le vouloir. Alors soit il était avec elle, soit il était contre elle. Ou pire, il était le protégé d'un allié de Rosamunde.
Deuxième erreur de sa part : Rosamunde n'était pas du genre à avoir des amies. Des potes, des alliés, des camarades, des protégées... ok. Mais des amies. J'avais un fort doute sur cette probabilité.

Vinrent ensuite les questions curieuses. Le genre de choses banales dans une conversation entre deux inconnus installés à un bar.
Comment j'avais connu Rosamunde ? Je ne pouvais pas lui dire que j'étais un obstacle connu et reconnu pour les gens de son milieu et qu'elle, elle était une ennemie et objectif de mission pour ceux du mien. Je ne pouvais pas lui dire que la femme Coq et moi avions les mêmes cibles et proies. Des gens égarés, des gens en cavales. Surtout des femmes. Rosamunde ne s'occupait que des femmes, chose différente de moi, qui m'occupait de tout le monde. Nous pistions les mêmes femmes. Mais pas pour les mêmes raisons. Elle les protégeait. Moi... je les traquais pour les ramener sur le droit chemin. Et si cela échouait, j'avais pour mission de guider les personnes aptes à nettoyer Métropolis, vers ces brebis perdues, en déroute, hors du chemin tracé par notre Président. Ces brebis que je n'avais pas soigné.

Non. Je ne pouvais pas lui dire tout ça. Le mensonge était ma spécialité.


- Je l'ai rencontré sur mon lieu de travail, dis-je tout naturellement.

Ce qui n'était pas si faux que cela, puisque je l'avais croisé lors de la traque d'une femme, dans les rues du niveau 2. Et mon lieu de travail était justement les rues de Métropolis. Toutes les rues de Métropolis. En haut comme en bas. Quoi que surtout en bas. Les gens ne se cachaient pas en haut. A moins d'être assez atteint psychologiquement.

Alors comme ça, c'était un professeur ? Il était donc fiché et bien surveillé par l'Organisation. J'allais donc devoir remonter au niveau 6 pour accéder à sa fiche et voir qui il était réellement. Voir si son nom, son visage et son emploi étaient vrai. Voir si il ne me mentait pas. J'allais tout savoir de lui. Tout ce que l'Organisation savait, j'allais l'apprendre.

- Je suis aussi dans l'enseignement, répondis-je. Mais je n'enseigne pas à des enfants, des adolescents ou à des étudiants. J'enseigne à des adultes. Je suis dans l'enseignement privé.

Encore une fois, ce n'était ni faux ni vrai. Après tout, n'enseignais-je pas aux gens à suivre les règles du Président ? 

Gros silence. Personnellement je n'étais pas gênée. J'avais l'habitude du silence. Et je l'appréciais. Mais si je voulais en savoir plus sur lui et surtout son probable lien avec la femme coq, je devais poursuivre le côté "socialisation" de mon job.

- Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir la porte de ce trou ? demandai-je finalement.

Le barman me fixait, m'écoutait. Le mot "trou" ne lui plaisait pas vraiment. Il avait produit un petit rictus de mécontentement sur le visage de l'homme. Il pouvait être mécontent tant qu'il voulait, il devait en profiter, car ce trou allait fermer. Dès ma sortie, je comptais bien appuyer sur le bouton rouge de mon outil de communication avec mes patrons. Je comptais bien leur signaler au plus vite cet espace caché.

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MessagePosté le: Mer 3 Oct 2012 - 20:36    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Les marches vides depuis un moment furent accaparées par un imposant personnage. L’homme en question descendait, lunette fumée sur le nez, coiffure parfaitement en ordre, sensation artificielle sur la peau. Était-il un clone? Non... Un clone n’agit pas avec autant d’assurance. Était-ce un clone affranchit alors?

Hors, quand le dit personnage arriva en bas des marches, un homme était dans son chemin. Cet homme, il le poussa de coté négligemment pour mieux observer l’endroit que sa collègue lui avait pointé. Bon, en effet l’endroit était clandestin mais Lisbeth en faisait peut-être tout un plat. Il allait devoir nettoyer la place astucieusement, le crime aussi était payant pour le Gouvernement, il fallait moyenner. Une part allait sortir, une part aller rester et une part allait y rester tout simplement. L’homme bousculé s’échauffa ses petites hormones et devenant agressif, il fit les gros bras devant Ebenezer. Un long soupire s’échappa du clone, soupire inaudible à cause de la musique mais son poitrail large s’était lentement gonflé au max pour ensuite reprendre un air décontracte. La lumière passant de coloré en faisceaux à streptocoque saccadé, Ebenezer en profita pour sortir son révolver et tuer de sang froid le gros bras qui venait de se mettre dans le chemin du mauvais gars. Un instant passa après quoi le hurlement d’une femme retentit. La musique arrêta d’un trait, les lumières furent normales. L’endroit maintenant bien moins mystique était en arrêt devant un clone avec un corps à ses pieds. L’escalier se remplissait progressivement de subalterne masqué, de clone dominé sous l’influence invisible qui semblait les plier à tous les désirs du Gouvernement. Se penchant pour essuyer sa main sur la chemise de l’homme, Ebenezer prit le temps d’envoyer un baiser charmant à la copine de la victime.


-Chérie, pas besoin de me regarder comme ça, c’est un coup de feu, pas un coup de foudre.

Son sourire était déplaisant, le genre connard mauvais qui s’assume. Un moniteur en main, ses clones de mains barrant toute les issues et tenant la peuplade en mire, il commença à inspecter toutes les empruntes. Son coté mielleux était inquiétant, même s’il se montrait affable et sans reproche, il tuait aussi en un clin d’œil. Certaines personnes plus aisé se faisaient blanchir et sortaient escorter avec une mention de : « Allons, une personne de votre rang ne devrait pas trainer dans un coin clandestin ». D’autres se faisaient sortir en silence, d’autres étaient mit dans un recoin du bar et une autre part dans un autre recoin du bar, tour à tour. Quand il arriva au professeur, il fit la remarque suivante :


-Oh, mon bon professeur, dit-il sa fiche sous les yeux, c’est votre premier écart à vie, seriez-vous perdu? Sortez, sortez, et ne vous perdez plus ainsi, n’est-ce pas? Ça pourrait porter à croire que vous n’êtes pas aussi honnête que le mentionne votre dossier. Faites donc sortir cet Honnête monsieur.

Il passa ensuite à Lisbon, feignant l’indifférence alors que des clones entouraient Sean pour le trainer/déplacer vers l’escalier afin de remonter.


-Tiens, un cercle d’enseignement ici. Vous, par exemple, ce n’est pas la première fois que je vous y prends… Je vous rencontre un peu trop souvent à mon goût.


Marchant tranquillement, il alla au vestiaire devant tous, chercha parmi les manteaux pour en prendre un de fourrure noire synthétique.

-Ah le voilà, vous le portez toujours celui-là. Il ne faudrait pas que vous ayez froid pendant votre interrogatoire, non? Escortez donc madame jusqu’à sa limousine. Voilà.

Son "voilà" avait été accompagné d’un geste « gentleman » qui consistait à déposer le manteau de Lisbon sur ses épaules. Deux clones encadrèrent Lisbon afin de l’accompagner, en effet, jusqu’à la Limousine alors que ces paroles, pour les autres, signifiaient un autobus de police. Une ou deux autres personnes sortirent de l’endroit et alors que Sean montait les escaliers, il put entendre un : « Et voici pour l’exemple », suivit de trois coup de feu, et des cris d’effroi. La rue était bondée de police, Lisbon nulle part en vue. On laissa partir Sean avec une mine renfrogné.

Pour sa part, le clone allait en avoir pour un moment avant d'aller rejoindre sa collègue.
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MessagePosté le: Mer 3 Oct 2012 - 21:05    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux ! Répondre en citant

Un coup de feu, des cris. Je me dressai comme un i sur mon tabouret. Sean O'Gray n'était plus un centre d’intérêt pour moi. Là, les clones nettoyeurs apparurent. Et Ebenezer aussi. Ah... ce très cher Eb. Toujours aussi ponctuel ! Toujours tiré à quatre épingles et galant, plein de bonnes intentions de nettoyeur. Mon manteau, il l'avait reconnu !
Que de souvenir avec ce manteau. C'était celui que je portais lorsque j'avais été blessée. Si Ebenezer n'avait pas été là, le jour où le gang japonais c'était rebiffé...
Bref, il me gratifia de son habituelle touche de "gentleman" clonique, puis d'une escorte de clone. Une fois à la limousine, je regardai le spectacle de l'extérieur. Adossée à la portière du véhicule, j'observai la scène. Des cris, des larmes, des supplications, des coups de feu, des clones policiers, Ebenezer... la routine ! Que c'était agréable ! Je lâchai un soupire satisfait. Les bras croisés, je savourai la situation. Adieu club miteux. Tu avais bien distrait ma soirée et m'avait été profitable pour ma traque de Rosamunde.
Au loin, je vis le professeur O'Grady. Me voyait-il ? Me voyait-il pas ? Je l'ignorais. Mais moi je le voyais et je le scrutai avec insistance. Toi, je t'avais trouvé, je ne comptais pas te lâcher ! Une potentielle mine d'information concernant mon ennemie. Quand Ebenezer allait savoir ça... Je souriais. De joie. De plaisir intense.

Puis, le spectacle commença à me lasser. Je regardai l'heure. Tapotai du pied. Ebenezer aimait prendre son temps pour le plaisir du travail bien fait.


- Eb a-t-il rempli le petit frigo de la limousine ? demandai-je au chauffeur clonique.

Un signe approbatif et il m'apporta un collation. Le clone attendait à côté de moi, l'assiette vide en main.

- Aller va coucher derrière ton volant maintenant.

D'un signe de main, je le fis déguerpir et je dégustais le sandwich.

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Laure Dubois
Clémence Destrées
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:21    Sujet du message: Un contretemps pas si infructueux !

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